L’entraide bo kay

J’ai souvent l’impression que pour nous autres au pays, aider quelqu’un qui cherche à s’en sortir, surtout si cette personne oeuvre dans le même domaine que nous, reviendrait à avoir l’impression de perdre quelque-chose, comme s’il n’y avait pas suffisament de ressources pour tout le monde et que l’excellence de l’un ferait de l’ombre à l’excellence de l’autre. À la longue, cette façon de penser et de fonctionner ne garantit qu’une chose, l’excellence de personne.

N’avons-nous pas tous besoin d’aide ? Sommes-nous vraiment suffisant à nous-mêmes ? Aucun homme n’est une île, disait Merton.  Et personne ne se construit seul. Quand une conscience aigüe du manque et de la pauvreté nous anime et que l’on se focalise sur ce que l’on risque plutôt que sur les avantages du partage, ne perd-on pas de vue le bien qu’on attirerait, ce que l’on aurait pu apprendre et gagner ? Donner de soi, de son temps, de son effort et de son attention à quelqu’un qui en a vraiment besoin, c’est voir les possiblités et reconnaître une occasion de développement personnelle.

“Je suis parce que nous sommes.” Voilà en résumé une philosophie propre à nos ancêtres. Elle s’appelle Ubuntu. Elle mobilise notre attention sur ce qui est possible, riche et humain. Elle nous enjoint à honorer notre propre humanité et celle des autres, indiquant ainsi un esprit ouvert et une conscience aigüe de l’abondance qui nous entoure. Ubuntu est un palliatif à l’individualisme qui menace de nous etouffer dans une existence mesquine et de bousiller nos vraies chances de développement. Quelqu’un a besoin de votre aide.

Qu’allez-vous faire ?