DÉMISSION : NI FOUILLIS DANS MA VIE NI FOUILLIS DANS MA TÊTE

J’aime écrire, lire, parler, penser, faire fonctionner mon cerveau. C’est ce à quoi je consacre mon temps depuis que j’ai renoncé, dix ans avant la retraite, à ma carrière de fonctionnaire aux États-Unis. Fonctionnaire, je ne l’ai jamais été dans l’âme. Rebelle à toute contrainte, a part celle que mes boyaux qui cherchent à se vider m’imposent, je n’ai jamais apprécié ces tâches répétitives que l’on me demandait d’accomplir sans user de ma cervelle. Écrire, lire, parler et penser, faire fonctionner mon cerveau librement, voilà ce qu’aucun bureau du gouvernement n’autorise, pas plus qu’ils n’autorisent vraiment la créativité.

J’ai renoncé à mes illusions professionnelles, et me suis rendu compte que je travaillais essentiellement pour assurer  réussite scolaire et  indépendance, au bénéfice de mon fils. De cela, je me félicite aujourd’hui, car, j’ai accompli mon objectif. J’ai profité aussi un peu. J’avais des jouets coûteux. À cause du stress, j’ai pris de l’embonpoint. En fait, j’ai financé une existence qui marchait moins pour moi que pour mes créditeurs. On m’a fait croire qu’une bonne éducation devait nécessairement coûter la peau de mon derrière ; qu’il fallait dépenser 200 dollars par mois pour regarder une télé sans laquelle je ne pourrais vivre ; qu’il fallait pour être présentable, que je m’habille en costume-cravate. Il m’en reste plusieurs dont je ne sais que faire ! Je ne suis plus présentable. Ça sert à quoi au juste une cravate ? Comme un imbécile heureux, à mes dépends, j’alimentais « volontairement » l’enrichissement des autres.

Pendant toute cette période, mon vrai patron, c’était lui, mon enfant, pas ces zigotos imbus de leur personne et souvent sclérosés qui à l’occasion me pourrissaient la vie. Cette pensée, « mon vrai patron, c’était lui », m’a beaucoup aidé à supporter l’inanité du travail en troupeau. Oui, nous étions des bovins. L’amour exige un sacrifice. Ce que je désirais plus que tout, c’est que mon fils soit capable de voler de ses propres ailes. Il travaille maintenant dans un domaine qui le passionne et termine un doctorat. Cette réalisation m’a libéré d’une ambition qui n’était pas la mienne et de fantasmes professionnels onéreux pour ma santé. Elle m’a permis de concevoir une autre manière de vivre qui s’aligne mieux avec mes valeurs personnelles et répond bien à mes attentes. Je désire également pour moi aussi, réussite, indépendance, voler de mes propres ailes, et aspire à être mon propre patron. J’ai fait ce que je devais faire pour obtenir ce que je voulais à l’époque et je continuerai en solo, affranchi du troupeau et de ces chaînes qui freinent mon imagination.  Aujourd’hui, je ne suis plus astreint à la nécessité de produire ce qui ne m’intéresse pas. Je fais ce que je veux !

Je suis devenu un minimaliste radical. Je ne veux plus ni fouillis dans ma vie ni fouillis dans ma tête, mais me débarrasser des choses en trop qui pèsent, m’attachent au superflu et drainent mon énergie. J’allège, j’élague, je simplifie la vie. Garder vos crédits à la consommation. Je refuse vos factures. Je gère, et voyage plus léger. Maintenant, je vais à la racine (radical), à l’essence même du bien, à la raison d’être de mon vouloir, à la source des choses. J’épluche l’oignon. Je vis sans fioritures. La source des valeurs, ma vie vaut plus que tous les objets inanimés.

Devenir un minimaliste c’est arrêter de donner du pouvoir aux choses et aux autres, c’est accorder davantage de valeur à une vie de plénitude qu’aux objets matériels, c’est baser nos décisions sur des besoins réels plutôt que sur des caprices et des conditionnements ; c’est rechercher l’expérience plutôt que la possession, la jouissance plutôt que l’acquisition. Posséder moins permet de garder et de disposer davantage de ses revenus, de son temps, de son énergie, et de son attention.

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