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« J’aurais été un Dieu » de Michel N. Christophe

Soukeyna 4

‘J’aurais été un Dieu’ de Michel N. Christophe.

Synopsis : Un étudiant antillais à Paris, entre deux femmes. Une icône intouchable, sublimée et sa prof d’anglais, magnifique à la détermination sans bornes.

Source: « J’aurais été un Dieu » de Michel N. Christophe

Telle que je la connaissais, j’imaginais bien qu’elle chercherait à en avoir le cœur net. Elle se glisserait hors du lit à la recherche du portable et l’allumerait. Grande serait sa surprise. Je comptais sur mon nouveau mot de passe. Après de multiples tentatives de décodage, l’appareil se bloquerait. Frustrée, Catherine retournerait se coucher. J’avais pensé à tout, mais d’une façon ou d’une autre, elle tenterait d’obtenir gain de cause. Savoir c’était prévoir. Sa détermination était sans bornes. Si elle avait su ce que je savais, elle m’aurait tué !

Naïve jusqu’à l’insouciance, Soukeyna ne se rendait jamais compte de la souffrance qu’elle m’imposait. Était-ce donc si enviable d’être une femme sublimée, existant avec force dans les fantasmes d’un homme pourtant désiré, mais jamais chevauché ? Être et demeurer une femme sur piédestal, telle une icône précieuse, sacralisée, objet de culte d’un rite barbare. Que se passerait-il donc si, comme je l’y invitais, elle descendait du socle consécratoire ? Si, rompant la magie d’une abstinence sacrificielle, elle se livrait à sa nature, en l’absence de cette chimère qu’est la vertu ? Si elle arrêtait de régner dans l’idée, et s’engloutissait dans la chair et le péché, au royaume des humains, ici-bas, avec moi ?

Un geste vers l’autre

helping hands

Écrire, le faire pour partager une vérité, un sentiment ou une idée, c’est dévoiler bien plus; une sensibilité, certainement ; des peurs et des limitations aussi, peut-être bien. C’est surtout faire un geste vers l’autre, pour soi, pour lui, pour déclencher une réaction, un dialogue, établir une connexion ; ajouter un éclat.

Plus que lire, il s’agit de saisir, ou plutôt de connaître pour comprendre. En fin de compte, il s’agit de se reconnaître et de refaire connaissance avec soi à travers la narration. C’est toujours de nous qu’il s’agit lorsqu’un auteur raconte la vie… de notre humanité, qu’un tiers intéressé, éditeur s’entend, décide, pour nous ou pas, qu’il est préférable de lire ceci plutôt que cela. Donc, auteurs indépendants aussi bien qu’édités, lisez davantage pour vous épanouir et pour comprendre. 

Je ne veux plus écrire

Je ne peux plus écrire bien que les inconnus qui m’ont lu ont dit à quel point ils ont été touchés par ce qu’ils ont compris. Je ne peux plus exprimer les histoires en pagaille qui se bousculent pour sortir de ma tête, car je ne veux plus les livrer à l’indifférence coupable de ceux à qui elles sont destinées. Ouvrir ses tripes, puiser de l’encre, c’est mourir un peu. Je ne veux plus mourir.

La résilience. Comment la développer

Tout ce que nous faisons dès que nous sortons des chantiers battus engendre de la résistance. L’opposition, souvent mal vécue, est normale ; tout comme la critique, la condamnation et le rejet. Ne pas s’y attendre, voilà ce qui n’est pas normal et revient à se faire bousculer à chaque fois. Nos attentes deviennent responsables de nos grandes déceptions. Nous sommes nés avec une aptitude à la résilience, ou du moins avec les moyens de la développer. Les gens qui ne font pas preuve de résilience sont souvent aussi ceux que nous considérons comme négatifs, nerveux, distraits, mous, chroniquement déprimés, ceux-la mêmes qui cherchent le réconfort en permanence dans les boissons fortes.

Ceux que nous voyons comme résilients ont tendance à manifester une grande vitalité, une capacité à une concentration soutenue, à l’optimisme, à l’enthousiasme, et à la productivité. Les personnes résilientes ne sont pas passives et n’attendent pas que quelqu’un vienne les sauver. Elles ne sont pas des victimes de leurs circonstances. La résilience n’est point une qualité que l’on posséderait ou ne posséderait pas. Ce serait plutôt quelque-chose que l’on fait, une action, un savoir-faire. Un ensemble d’actions, de comportements,  une façon de penser qui peut s’apprendre ; une capacité à faire des choix qui débouchent sur une vie plus satisfaisante. La résilience se résumerait donc en la capacité de faire face à l’adversité, de se plier, de se courber sans se casser, pour mieux rebondir et aller encore plus loin, devenir plus fort, plutôt que de revenir à un état de vulnérabilité. Cela demande un conditionnement, avant, pendant, et après une adversité ou un évènement traumatisant.

Il est impossible de faire face aux difficultés de façon adéquate quand l’on manque de sommeil. Le sommeil est une des conditions incontournables de la résilience. Les différents facteurs qui contribuent à notre résilience peuvent se ranger dans quatre domaines : le physique, le mental, l’émotionnel, le spirituel. Prendre soin de soi physiquement requiert une bonne alimentation, de l’exercice fréquent, du sommeil, de l’activité cérébrale … etc. Vous comprenez où je veux en venir, et pouvez donc compléter la liste pour chaque domaine.

D’autres facteurs qui conditionneraient notre aptitude à la résilience sont l’indépendance, cette perception de notre propre force ; l’énergie (la résilience revient à bien gérer son énergie personnelle) ; la vitalité nous permet de mieux résister aux vicissitudes ; un objectif, un but dans la vie. Quand on a de la conviction et que l’on sait ce qu’on veut et qui on est, ce que l’on croit, nos valeurs, et ce pour quoi l’on est prêt à se battre et même mourir, il devient difficile de nous terrasser, mû que nous sommes par une cause plus grande que nous-même.

Le plaisir est également indispensable à notre aptitude à la résilience.  Il recharge nos batteries. Un sens de l’humour aussi, pour les mêmes raisons. Le courage, non pas l’absence de peur, mais la volonté et la détermination à faire face à ce qui nous fait peur ; la persévérance et l’optimisme qui autorisent tous deux à voir les possibilités. Un ratio élévé d’émotions positives par rapport aux émotions négatives ; un réseau de soutien, des proches qui nous veulent du bien, et surtout, le sentiment d’être absolument soi-même responsable de sa propre existence.

Le plus grand obstacle à la résilience n’est pas génétique, mais bien notre façon de penser. Notre attention  est la maitresse absolue de notre cerveau et la rumination est la première cause de notre stress, celui-là même qui sape notre résilience. Et oui, nos croyances sont responsables de nos réactions et de nos comportements. Contrôlez donc votre attention et vous contrôlerez votre aptitude à la résilience.

L’entraide bo kay

J’ai souvent l’impression que pour nous autres au pays, aider quelqu’un qui cherche à s’en sortir, surtout si cette personne oeuvre dans le même domaine que nous, reviendrait à avoir l’impression de perdre quelque-chose, comme s’il n’y avait pas suffisament de ressources pour tout le monde et que l’excellence de l’un ferait de l’ombre à l’excellence de l’autre. À la longue, cette façon de penser et de fonctionner ne garantit qu’une chose, l’excellence de personne.

N’avons-nous pas tous besoin d’aide ? Sommes-nous vraiment suffisant à nous-mêmes ? Aucun homme n’est une île, disait Merton.  Et personne ne se construit seul. Quand une conscience aigüe du manque et de la pauvreté nous anime et que l’on se focalise sur ce que l’on risque plutôt que sur les avantages du partage, ne perd-on pas de vue le bien qu’on attirerait, ce que l’on aurait pu apprendre et gagner ? Donner de soi, de son temps, de son effort et de son attention à quelqu’un qui en a vraiment besoin, c’est voir les possiblités et reconnaître une occasion de développement personnelle.

« Je suis parce que nous sommes. » Voilà en résumé une philosophie propre à nos ancêtres. Elle s’appelle Ubuntu. Elle mobilise notre attention sur ce qui est possible, riche et humain. Elle nous enjoint à honorer notre propre humanité et celle des autres, indiquant ainsi un esprit ouvert et une conscience aigüe de l’abondance qui nous entoure. Ubuntu est un palliatif à l’individualisme qui menace de nous etouffer dans une existence mesquine et de bousiller nos vraies chances de développement. Quelqu’un a besoin de votre aide.

Qu’allez-vous faire ?