About Michel

MICHEL N'YOUNGOU CHRISTOPHE

Michel N’youngou Christophe est un auteur franco-américain dont l’écriture met l’accent sur la nécessité de la réalisation de soi. Sa vie fournit parfois le contexte et l’inspiration pour son travail.  Né en 1966 à Basse-Terre, Guadeloupe, d’une mère Antillaise et d’un père Camerounais, Michel N’youngou Christophe vit aux États-Unis depuis 1992. Établi à Leesburg, en Virginie, il écrit en français et en anglais.

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Michel N’youngou Christophe is a French-American author whose works emphasize the necessity of self-realization. His life experiences have provided background and inspiration for his writing. His short stories and novels among other things focus on themes such as exile, sexuality, dual identities and self-determination. Born in 1966 in Basse-Terre, Guadeloupe to a West Indian mother and a Cameroonian father, Michel N’youngou Christophe lives in the United States since 1992. He currently resides in Leesburg, Virginia, where he writes in French and English.

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Article du Mag Gwada

RACINES mag

Deux Semaine en Janvier

Vivre librement, une histoire d’amour ou autre, requiert le courage de se choisir, de s’assumer et de renoncer à quelque-chose d’important. À travers l’adultère d’Annelise, c’est sur la condition d’un certain type de femmes noires que « Deux Semaines en Janvier » pose un regard. La complexité d’une identité écartelée par un commerce triangulaire trépidant mais à la longue insoutenable révélera la névrose d’une conscience mutilée. Annelise survivra-t-elle, confrontée aux traditions d’un pays-mêlé, aux exigences d’un mari volage et absent ; à une moralité judéo-chrétienne implacable ; à ses propres contradictions occasionnées par un désir refoulé et finalement, face à l’intransigeance même du bourreau de son cœur ? Au risque de remettre en question toute une culture, pouvons-nous oser comprendre Annelise ?

 

Chronique d’un Noir à la Dérive

Chronique d’un Noir à la Dérive est le coup de gueule d’une jeunesse sans repère, désœuvrée, mal assurée, pleine de rêves bousculés, en quête de sens, avec comme seul impératif, échapper à l’insignifiance.

Une personne fait une gaffe, ne s’avère pas fiable, et Dieudonné s’entend déjà dire, et l’anticipe même, « Vous êtes tous les mêmes, des paresseux, des brutes, des profiteurs, et des obsédés sexuels. »

Il se voit noyé dans le collectif et par la force des préjugés transformé en buvard communautaire. Aux yeux de ceux qui le jugent, il perd tout droit à l’individualité. Sa mystification est une exigence. S’il finit par accepter, croire et répéter ce qui se dit à son sujet, il est foutu. Il devient insignifiant.

Être Dieudonné, c’est ça, ne pratiquement jamais être considéré d’un œil approbateur. Ses aspirations, besoins, et défis, personne n’en a cure. S’il n’amuse pas la galerie, il gêne. Les autres vivent dans une peur obsessionnelle du réveil de sa conscience. C’est qu’ils connaissent son potentiel ! Lui, Dieudonné, ne cherche qu’à briser ses chaînes mentales. Sans les voir, les autres en traînent aussi. Sa libération ultime, il la veut d’abord économique. Mais le chemin à parcourir semble long et incertain.

Comment peut-il se positionner sur la voie du développement ?

 

J’aurais été un Dieu

La sensualité est le premier exutoire pour un homme autrement impuissant.

« J’aurais été un Dieu » relate l’histoire d’Alain, un orphelin guadeloupéen qui rêve de devenir un géant. On lui avait raconté que ses parents en étaient. Il grandit martyrisé par une grand-mère mulâtresse qui le déteste passionnément et, protégé tant bien que mal par une tante qu’il adore. Une fois livré à lui-même, majeur, il est tiraillé entre lubricité et l’impératif de préparer l’avenir, l’amour passionnel qu’il porte à deux femmes, Catherine, une de ses profs, une blanche, bourgeoise désabusée et exigeante ; et Soukeyna, une de ses camarades de fac, une belle noire ambitieuse et sexuellement naïve. Les trois personnages traînent un lourd bagage, et leur rencontre fait basculer la vie d’Alain qui se voulait un homme à femmes en herbe, un mâle tropical à la Francky Vincent. Alors qu’il cherche à conquérir et à subjuguer ses femmes, il sent bien qu’il n’est qu’un jouet dans les mains du sort, conquis et dominé par son obsession et ses peurs ?

À travers les personnages du roman, ce sont les rapports de l’homme à la femme, du dominé au dominant, de la tradition à la modernité, des îliens à la ‘métropole’, de l’Antillais à l’Africain, du migrant à l’autochtone, et de l’homme face à lui-même qui sont abordés sur fond de crise identitaire et culturelle. Dans ce contexte devenir un géant prend toute sa pertinence.

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