D’indépendant à hybride

Le 4 février 2022, je reçois un contrat contresigné par un éditeur français. Le 5 février 2022, je retire Miette d’Empire des réseaux de distribution, n’ayant plus le droit de l’exploiter moi-même.

C’est dur de céder ses droits sur sa création. Ce n’est pas la première fois.  Il y a six ans, pris de panique devant mon incapacité à joindre un éditeur qui refusait de communiquer, j’avais résilié notre contrat. j’ai rejeté des offres à cause d’une crainte justifiée de perdre tout contrôle sur mon travail.

Les pourcentages dérisoires proposés ne rivalisaient en rien avec ce qu’Amazon et d’autres m’offraient. Tant que j’étais aux États-Unis, je m’acharnais à jalousement préserver mon indépendance. Le marché étant plus grand et moins snob, nombre d’auteurs y réussissent à générer de l’intérêt et un revenu pour des œuvres qu’ils publient eux-mêmes. 

Une fois sur le territoire français la donne a complètement changé. L’achat de livres en ligne ne jouissant pas du même engouement qu’aux États-Unis, couplé à mon manque de visibilité, m’ont poussé à finalement franchir le pas après qu’un éditeur français que j’étais déterminé à ignorer (en raison des droits d’auteur négligeables qu’il m’offrait) m’ait relancé.

Par la suite, une amie m’asséna, comme pour me convaincre du bien-fondé de ma décision : « Ton 60 % ne vaudra jamais leur 10 % ». J’ai compris qu’elle voulait dire que sans l’aide de professionnels, mes ventes ne risquaient pas de décoller. Sachant qu’il n’existe aucune garantie, il fallait que je donne au livre toutes ses chances.

Je ne suis toujours pas à l’aise avec ma décision, mais j’apprends à vivre avec. Savoir que mes autres ouvrages restent sous mon contrôle m’aide à encaisser le coup. J’espère que celui que je viens de sacrifier à l’hôtel du mercantilisme illuminera un peu les autres. Pleurez pour moi pauvre prêcheur !

Dans trois mois, mon livre réapparaîtra sur le marché, je ne sais pas à quoi il ressemblera, ni comment il se vendra. Je n’aurai aucun droit de regard sur lui et devrai m’y faire. Il aura tout de même fait de moi un auteur hybride. Cela s’appelle, je suppose, la maturité ! Faire ce que l’on doit pour obtenir ce que l’on veut : davantage de lecteurs.

Publié par

michelnchristophe

I write in the margin. J'écris dans la marge.

2 réflexions au sujet de « D’indépendant à hybride »

  1. Bonne chance à votre livre ! Un éditeur peut faire beaucoup quand il dispose des moyens financiers, logistiques et humains pour propulser un ouvrage dans lequel il croit. Et bravo pour avoir été remarqué par l’un de ceux-là.

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