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Un geste vers l’autre

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Écrire, le faire pour partager une vérité, un sentiment ou une idée, c’est dévoiler bien plus; une sensibilité, certainement ; des peurs et des limitations aussi, peut-être bien. C’est surtout faire un geste vers l’autre, pour soi, pour lui, pour déclencher une réaction, un dialogue, établir une connexion ; ajouter un éclat.

Plus que lire, il s’agit de saisir, ou plutôt de connaître pour comprendre. En fin de compte, il s’agit de se reconnaître et de refaire connaissance avec soi à travers la narration. C’est toujours de nous qu’il s’agit lorsqu’un auteur raconte la vie… de notre humanité, qu’un tiers intéressé, éditeur s’entend, décide, pour nous ou pas, qu’il est préférable de lire ceci plutôt que cela. Donc, auteurs indépendants aussi bien qu’édités, lisez davantage pour vous épanouir et pour comprendre. 

Je ne veux plus écrire

Je ne peux plus écrire bien que les inconnus qui m’ont lu ont dit à quel point ils ont été touchés par ce qu’ils ont compris. Je ne peux plus exprimer les histoires en pagaille qui se bousculent pour sortir de ma tête, car je ne veux plus les livrer à l’indifférence coupable de ceux à qui elles sont destinées. Ouvrir ses tripes, puiser de l’encre, c’est mourir un peu. Je ne veux plus mourir.

J’ADORE LE CRÉOLE, MAIS LA CRÉOLITÉ N’EST PAS MON TRUC

Avec toutes ces histoires de complexes et d’aliénation qui circulent, il serait facile de croire que les antillais souffriraient d’une crise identitaire, et que le culturel constituerait l’essence même de nos problèmes. Pour sûr, l’estime de soi et la valorisation de nos productions représentent des éléments fondamentaux du développement d’une communauté stable, mais il existe au moins deux dimensions plus fondamentales encore : l’économique et le politique. La transformation des ressources humaines et la promotion de l’initiative personnelle comme moteurs d’une activité économique accrue et diversifiée mèneraient à une plus grande maîtrise de notre environnement. Voilà les vrais facteurs de notre enrichissement. Car au fond, il s’agit bien de cela, d’enrichissement. Notre retard collectif et la souffrance qu’il suscite, trouve leur source dans cette impuissance économique qui définit largement aussi nos défis politiques. Nous évoluons encore dans un système marqué par le modèle du système des plantations et notre indépendance personnelle dépend encore des maîtres du moment.

Je suis d’accord avec madame Imanyé Dalila Daniel auteure de Zaïre et Théophile pour dire que les descendants de l’oligarchie locale, les Békés, sont les seuls créoles. Selon le dictionnaire le créole est bien une personne de race blanche, d’ascendance européenne, originaire des plus anciennes colonies d’outre-mer. S’identifier à eux, alors même que l’on ne jouit d’aucun de leurs avantages historiques, notamment la mainmise sur des secteurs clef de l’économie, reviendrait à se leurrer au point de rendre difficile tout réveil nécessaire au décollage économique. Il est tentant de penser que cette identification au créole si l’on n’en est pas un soi-même cacherait une profonde haine de soi. Juste parce que nous partageons le même espace géographique, et plus ou moins le même espace culturel ne signifie guère que nous partageons aussi les mêmes intérêts économiques et politiques. Qui profite de quoi, et au final, qui gagne ?

Si l’on est honnête avec soi-même, on sait tous plus ou moins d’où l’on vient. Nous portons les marques de nos gènes dominants, et avons souvent connaissances du rappel familial de nos gènes récessifs.  Et si cela ne suffisait pas, un test ADN réglerait rapidement toute confusion. Faire l’éloge du métissage ne règle rien, car c’est ce rapport de force identitaire qui mobilise insidieusement notre attention et retarde la réhabilitation de la partie la plus sombre de notre humanité. On n’échappe pas à ce que l’on est. Le contact avec l’étranger nous le rappellera. Identifier clairement, sans ambiguïté ou concession, ses propres intérêts matériels et existentiels est plus susceptible de nous mettre sur la voie d’un plus grand épanouissement. Nous devons cesser d’être des jouets dans les calculs de ceux qui se jouent de notre confusion.

Le créole en tant que langue demeure un instrument, et en tant que tel, doit participer à notre développement. Il ne doit jamais, par contre, devenir un carcan dans lequel on s’enferme pour lécher ses plaies. C’est un instrument parmi d’autres qui eux aussi méritent d’être cultivés. Si le chinois, l’anglais, l’espagnol, le français ou n’importe quel outil linguistique ou autre facilite mon développement économique, il est sage de le cultiver. Le culturel agrémente certainement l’existence. Il la rend signifiante et doit impérativement servir le développement économique, cet ultime facteur de souveraineté.

L’homme qui pleure

Si l’on oublie un instant les chaînes et les fouets, puissants symboles de l’oppression, qu’est-ce que l’esclavage ?

C’est un cauchemar que l’on vit en plein milieu du rêve de quelqu’un d’autre ; c’est trimer pour enrichir un autre ; c’est servir d’instrument, uniquement. Êtes-vous libres ?

Moi, je ne le suis plus. Je travaille pour payer des factures, sans satisfaction personnelle et sans victoires. Il y a longtemps que j’ai abdiqué ma souveraineté quand j’ai douté de moi-même, obnubilé par le besoin d’argent, et par mes besoins croissants. J’ai autorisé d’autres personnes à déterminer mes actions et le sens de ma réflexion. J’ai adopté leurs peurs et certaines de leurs aspirations pour ma vie, ainsi que les limites qui vont avec ; et aujourd’hui, je suis accablé par un sous-développement qui m’étouffe.

Je suis un employé, ce qui veut dire que je ne pourrai jamais léguer à mon enfant un outil de travail. C’est moi l’outil. À moins qu’il ne soit pas trop tard et que je me réveille enfin, puise au plus profond de ma fierté, ressources et foi, je resterai un jouet entre les mains du destin.

Maintenant que je comprends cela, je cherche à transformer les circonstances en instruments de ma victoire définitive sur la vie. Ma volonté réclame enfin sa souveraineté. Réveillez-vous géants !

Why I wrote “Teaching for Transformation — Teaching from the Heart”

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Why I wrote “Teaching for Transformation — Teaching from the Heart”

For a while after each class, a little vexed, my new teammates would ask, “How do you do it? How come people get involved so readily and so intensely in your sessions, and not in ours? The energy is so high, it’s exhausting at times. Why are your classes so popular? I want some of that power, that voodoo stuff. How can I learn? They would sit in the back of the room and observe. And then, they would try and reproduce what they considered techniques, to no avail. The response they received from students remained lukewarm despite their best efforts. They would ask me why, and I would tell them that more than mere techniques, my approach requires a mindset shift. Course participants react mainly to a mindset. My words fell on deaf ears. They looked dispirited. They gave up trying to emulate me, and chalked up the success I’d had to me being very lucky. And they resumed lecturing and dishing out unsolicited advice. The results they were not getting soon became a threat to their parts of our program. We had to have a serious talk. I started sharing basic principles and random ideas with them, which they soon dismissed as utterly impractical. Getting them to consider anything different  from what they’d  been exposed to became impossible.  The ideas I was proposing went against everything they believed about people, training, and learning. In their eyes, I was a heretic. A crazy person who simply refused to admit he had been lucky in the classroom. If that was true, then I had been lucky for 25 years. That is when I decided to write a manifesto, and simply capture my beliefs about what I thought gave me an advantage over them in the classroom. If they would not listen to me, maybe at least they would read my words on their own terms, I naively assumed. It so happened that the boss asked to read my paper when no one else on the team was interested. She had wanted to learn to teach and had never gotten around to doing it. She thought it a daunting task. a pipe dream even. A few months later, the boss requested to be included as an instructor in a new course we’d just finished designing and were about to roll out. After she facilitated learning for an hour in a session chock-full of pertinent information, the sixty participants and some of her peers, managers like her who had an interest in the topic gave her a standing ovation. She was impressive to say the least. Fearless, she owned the floor, caused people to show up in their brilliance through the insights they shared, and orchestrated the delivery of course content and class discussions until light-bulbs went on for everybody. She raised the room temperature by creating intellectual heatwaves. Her colleagues soon started asking where she’d learned to engage students in such a skillful way. In response, she pointed in my direction when in fact, she truly deserved all the credit for what she’d done. She had put in the work. She’d read the manuscript with an open mind and after much reflection, she’d applied what she’d learned. What she did for me that day was miraculous. She gave me the confidence I needed to stand behind my heresy, and she proved that my ideas worked. She confirmed the value of what had been peremptorily dismissed by less open-minded instructors. She adopted the mindset that helped produce the results she experienced, and thanks to her, my teammates found out that luck had nothing to do with high engagement. The novice instructor engaged sixty learners in an intense contemplation of concepts. She inspired them all to take the learning to a higher level, and to act on it. Her teaching career started with a bang! Thank you, Lisa A. D. (You know who you are!)