LA LITTÉRATURE ANTILLAISE EST MORTE

Paix à son âme. Elle a disparu avec ses derniers dinosaures : Maryse Condé, Ernest Pépin, Patrick Chamoiseau, Raphael Confiant, et la plus jeune, Giselle Pineau.

Qui l’aurait tué ?

Nous tous, dans un effort commun d’indifférence, peut-être ?

Le manque d’intérêt pour une nouvelle génération d’auteurs, peut-être ; le manque de visibilité de nos auteurs (ne parlerai-je que pour moi-même ?) une communication inefficace sur la nouvelle création antillaise, pas assez relayée par les media et les services culturels ; l’aliénation culturelle qui veut que rien de ce qui vient de chez nous ne trouve grâce à nos yeux ; notre manque de soutien mutuel, notre besoin patent de la validation des hexagonaux ; nos réticences à faire un effort pour trouver le plaisir ailleurs que dans la nourriture et dans la danse, notre lent suicide intellectuel et notre abdication face à notre oppression. Je me pose des questions. Serions-nous donc en train de laisser les autres nous conter des histoires dans lesquels nous ne serons jamais plus que des accessoires ?

2 réflexions au sujet de « LA LITTÉRATURE ANTILLAISE EST MORTE »

  1. C’est le monde moderne dans son ensemble qui s’échoue… et l’on ne sait même pas où, d’ailleurs. Nulle part sans doute. Dans son non-sens.
    Les écrivains cités (et j’avoue ne pas les connaître, mais la littérature de langue française n’est pas celle qui m’attire -hélas) sont allés beaucoup plus loin, au-delà des frontières, chercher non seulement l’inspiration -chose banale-, mais le souffle qui seul peut vivifier le verbe. Et puisque le mot est lâché : verbe, il suffit de prêter l’oreille pour constater que depuis longtemps, il a cessé de respirer.
    La seule perspective, il me semble, pour tout aspirant écrivain est de s’extraire, de s’arracher ce monde du pied comme une épine qui empêche de marcher. Le reste n’est que « story-telling ».
    Merci pour le partage de cette réflexion qui va bien au-delà du blanc-noir, Paris-reste du monde, là où se trouvent les solutions : en Haut.

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  2. Je ressens ce vide intérieur de ne pas être tout à fait moi-même dans mon corps et dans cette terre d’Outremer qui a entendu mon premier cri. Je suis vide et avide de ce que nous sommes et dont j’ai appris très peu sur les bancs de l’école. Entre une histoire tronquée et une littérature qui n’a pas vu ses marques s’ancrer dans nos habitudes, fortement concurrencées par cet appel de l’extérieur, désormais présent à portée de doigts et d’images (via le portable), notre littérature semble s’être endormie dans la nuit du siècle dernier. Ce n’est qu’une classe intellectuelle qui s’en preocupe actuellement.
    Pourtant, ma mère, n’ayant pas dépassé la classe de fin d’études, est celle qui m’a fait découvrir Maryse CONDÉ, Tony Delsham, Gérard Lauriette dans un autre registre entre autres. Le combat se situe déjà au simple niveau de la lecture…

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